La tôle et le sexe : l’irrépressible désir technique chez Cronenberg

crashS’il est admis que le progrès technoscientifique est généralement bénéfique à l’humanité, il faut cependant considérer qu’il peut aisément se retourner contre nous avec force et violence. L’innovation d’un côté et la sécurité de l’autre se livrent une course parallèle démesurée. La seconde essayant de rattraper la première par le biais de la prévention (dispositifs de contrôle techniques, déontologiques, législatifs, réglementaires, etc.) pour éviter de se satisfaire d’une simple réparation de dommages.

Amor fati machinique

Une discipline universitaire s’est même crée pour prévenir le risque technique : la « cynindique », la « science du danger ». Mais deux limites viennent se heurter à ce projet : premièrement les connaissances qui nous permettent d’innover vont plus vite que celles permettant de contrôler ces innovations, ce que le neuro-scientifique Graham Collingridge résume par le paradoxe suivant : « plus l’innovation est rapide, plus il y a potentialisation du risque technique » ; deuxièmement, le « facteur humain » est totalement imprévisible et l’homme peut désirer la violence technique. Pour appréhender cette jouissance destructrice de la technique dans l’esprit humain ce n’est pas tant vers la cynindique qu’il faut se tourner mais du côté de l’art, et notamment de la Science-Fiction.

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De la perméabilité de l’être humain

walt_whitman_-_george_collins_cox« Whitman échappe aux lectures partielles donc partiales. Pour comprendre la qualité d’« elusiveness » (insaisissable fugacité) qu’il s’attribuait à lui-même ou, suivant sa propre image, cette « furtivité de vieille poule dissimulant son œuf dans le creux d’une haie », il faut s’essayer soi-même à l’exercice du commentaire. Dans les Feuilles d’Herbe tout file, tout coule, tout fuit, tout est conçu de telle façon qu’aucun fil n’est réellement décelable sur lequel on pourrait tirer, démaillant d’un coup la toile. Il faut reculer de plusieurs pas et réfléchir dans la distance. »

Aujourd’hui, une lecture impulsive

Il n’est pas rare que nous goûtions joyeusement un texte ; toutefois, il faut pour atteindre un état fébrile que ce dernier soit particulièrement sensible. C’est le cas du poème d’aujourd’hui : « Il y avait un enfant qui sortait de chez lui », de Walt Whitman.

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Dieu est une ligne de code

ob_f95d5d_gibson-neuromancer-by-davidsimpson2112L’une des particularités narratives de la Science-fiction est quelle délaisse le plus souvent la psychologie des personnages (considérés non comme des individus mais comme représentants de leur espèce) au profit de l’hypothèse philosophique (interrogations sur notre nature, notre place dans l’univers, notre devenir et nos fins). L’œuvre d’Arthur C. Clarke est emblématique de ces interrogations philosophico-religieuses, notamment celle, à la fois théorique et pratique, dont l’écho glaçant parcours l’univers : « qu’allons-nous faire de l’homme ? ». Et si l’homme devenait mutant, « individu spécifique » par excellence ? La question de son devenir dépendrait avant tout de sa particularité, comme l’affirme Gilbert Hottois, philosophe belge, spécialiste des questions d’éthique. En somme, si l’homme devient un mutant psy ou un cyborg son rapport à la transcendance deviendrait opératoire, comme nous le verrons plus bas.

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Tendre est la nuit : le roman au bord de la folie

14801071_1328385047213020_998319547_nF. Scott Fitzgerald nous plonge dans le monde des riches Américains des années 20. Tout un mythe se détache de ses personnages et avec son œuvre Tendre est la nuit, il présente une dissection de l’amour. Non une autopsie, mais une vraie chirurgie. Le corps de l’amour est ouvert et toutes les interactions entre les organes vitaux sont données à voir ; ici ils portent les noms de Dick et Nicole Diver.

Une histoire qui échappe des mains

Tendre est la nuit est le quatrième roman de Fitzgerald mais, lorsqu’il fut publié, comme beaucoup de chefs-d’œuvre, il laissa ses contemporains indifférents. Aujourd’hui ce roman est mis sur le piédestal qu’il mérite ; il est, parmi ses œuvres, l’une des plus connues et des plus lues. F. Scott Fitzgerald et sa femme Zelda Sayre étaient des personnalités perçues comme des symboles des « Années Folles », de l’ère du Jazz, pour leur sens artistique et le charme qui émanait de leur arrogance. Derrière leur beauté et leur jeunesse se cachait pourtant une histoire sombre. Zelda, une femme fortunée, « la première garçonne américaine » — comme l’eut appelée son mari en 1920 — et Scott, homme aspirant à écrire, qui perce dans l’écriture après que son premier roman L’Envers du Paradis a marché brillamment. Il sombre ensuite peu à peu dans l’alcool et devient de plus en plus égoïste et violent. Leur union d’artistes n’était pas facile à vivre.

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Les Chevaliers d’Émeraude

14658422_1337768032902321_103205264_nLes romans de chevalerie existent depuis le Moyen-Âge, depuis Chrétien de Troyes, célèbre pour ses récits sur le roi Arthur et ses chevaliers de la table ronde, en passant par la Chanson de Roland jusqu’à nos jours. Les récits épiques ont toujours fasciné et intéressé les lecteurs autant que les romanciers depuis le XIIe siècle et bénéficiait d’une grande notoriété. Par la suite, ce genre littéraire adapté du roman courtois et de la chanson de gestes a inspiré le mouvement du romantisme et est à l’origine de la mode du néo-gothique (mouvement architectural) et du style troubadour (mouvement artistique). Mais au XXe siècle, le roman de chevalerie trouve son héritier dans l’un des sous-genres de la fantasy : l’héroic fantasy.

L’héroic fantasy est le nom donné aux œuvres dont les aventures héroïques se passent dans des mondes imaginaires au contexte antique ou médiéval. La magie et le surnaturel est au cœur de ces aventures. Et c’est notamment dans ce sous-genre de la fantasy que l’on peut classer la série de roman Les Chevaliers d’Émeraude d’Anne Robillard.

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La chef de bande (dessinée) : La face crashée de Marine Le Pen

9782246860082_cgConnaissez-vous la BD-enquête ? Ce genre, né en 2006 sous l’impulsion du journaliste Philippe Cohen, tend à mêler dessin et politique en racontant l’histoire d’un candidat aux élections présidentielles, grâce à une enquête très documentée, sous la forme d’une bande dessinée irrévérencieuse, légère et drôle. Après le succès de La Face karchée de Sarkozy, Riss, dessinateur et directeur de Charlie Hebdo, Richard Malka, scénariste et avocat proche du journal, et Saïd Mahrane, journaliste spécialiste du FN au magazine Le Point, ont décidé de nous révéler le vrai visage de la candidate du Front National.

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L’Odyssée de Clarke ou le mythe de l’altérité cosmique

kubrick-space-odysseyDe Nietzsche à Parménide, de Baudelaire à Platon, le voyage a longtemps été un enjeu des philosophes mais également un thème littéraire traversant les âges. De L’Odyssée d’Homère à L’Odyssée de l’espace d’Arthur C. Clarke, la filiation est évidente. Qu’il s’agisse de voyager sur la mer pour rejoindre Ithaque ou dans un vaisseau spatial aux confins de l’univers, tout n’est qu’une question de départ et de retour. Clarke fait ainsi de multiples références à l’œuvre d’Homère : le prénom du héros (Bowman, « l’archer »), le cheval de Troie, les sirènes, la perte de membres de l’équipage, etc. Tout comme la navigation sur la mer Égée du temps des dieux grecs, les voyages dans l’espace sont soumis aux aléas dangereux de l’univers : explosions d’étoiles, destructions de planètes, nouvelles formes de vie dans de nouvelles galaxies… Des périls qui entraînent une nouvelle perception de la terre et du cosmos, car la nature est essentiellement fragile et peut disparaître à tout instant. Ajoutons à cela, la conscience de la toute puissance de la science et de la technologie. Clarke fait évoluer ses personnages en lien direct avec les techniques les plus avancées. L’évolution des protagonistes n’est plus seulement interne à eux-mêmes mais dépend, en partie, des transformations extérieures.

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